Il y eu une époque où les réunions Tupperware étaient furieusement tendance (ça cartonne d'ailleurs toujours autant mais bizarrement on se vante moins d'y participer). Toutes les maîtresses de maison se devaient d'assister à l'une de ces réunions au cours desquelles on débattait autour des boîtes soleil d'or (rappelez-vous, ces boîtes avec des couvercles plissés comme des rayons de soleil), des moules à esquimaux ou bien de la star de l'époque, la yaourtière. Ces dames recevaient parfois en robe d'hôtesse, c'est-à-dire en robe d'intérieur, à savoir l'équivalent de notre jogging tout pourri d'aujourd'hui (et non pas une nuisette ras le vestibule si vous avez imaginé un quart de seconde que je parlais des hôtesses du Pincho Pingo). La robe d'hôtesse, c'était cool et branché. Donc...la yaourtière. Ma soeur et moi n'y échappâment pas. Pendant au moins toute une année, nous eûmes droit aux yaourts faits maison alors que la fameuse danette au chocolat apparaissait tout juste sur les rayons de l'épicerie de M. Pichelli.
-Ils sont bons mes yaourts, hein les filles ? Moins acides que les yaourts "la Roche aux Fées", non ?
-Si maman.
Les Mac Do n'avaient pas encore fait leur apparition et on ne buvait du coca qu'au bal du 14 juillet et à la kermesse du 15 août. En revanche, on avait du Tang. Vous vous souvenez les plus de 30 40 ans ? Cette poudre orange bien chimique qu'on versait dans de l'eau et qui avait goût de médicament ? C'étaient les années 70 quoi. On prenait du Benco au petit déjeuner et on raffolait des Treets qui fondaient dans la bouche et pas dans la main. Pépé Paulo roulait en 403 et les copains de ma soeur rivalisaient d'efforts pour faire ronfler le moteur de leurs meules, des Peugeot 103 pour la plupart, et impressionner les filles.
Les années 70, la dernière décennie des 30 glorieuses avant les problèmes. Des problèmes, nous les minots, on en avait quand même. Comment échapper à l'affreux sous-pull qui nous grattait inévitablement le cou et à la cagoule que nos mères nous obligaient à porter en hiver et qui nous mangeait la moitié du visage (je me souviens que la mienne tournait tout le temps, je pouvais à peine respirer et je ressemblais à une braqueuse en soquettes) ? Et je ne parle pas du jean patte d'eph qui n'était absolument pas à mon goût (pouvais-je déjà avoir conscience à cet âge qu'on ne pouvait pas sacrifier sa dignité à la mode ? Pourquoi vouloir à tout prix ressembler à un pachyderme ?)...l'avènement du jean élastis dans les années 80 sauva certainement toute une génération du marasme stylistique dans lequel nous baignions depuis une dizaine d'années. Bref, nous avions des soucis vestimentaires, il est vrai, mais en revanche, nous avions de la liberté à revendre. Avec mes copines, nous disparaissions des après-midi entiers avec nos bicyclettes pour jouer "Aux drôles de dames", ce qui en soi n'était pas toujours facile car aucune de nous ne voulait endosser le rôle de Sabrina, la moche. Ma copine Valérie étant la seule blonde, c'était toujours elle qui récoltait le rôle de Kris. Pour les brunes, c'était plus compliqué, ça se jouait à la courte paille. 
Les années 70 étaient orange. Acidulées, fantaisistes et plastifiées. Les tappiseries étaient fleuries (on peut trouver encore de sacrés spécimens de ces papiers peints dans certaines zones pavillonaires, si si...), les tabourets étaient ronds ou en forme de tam tam et les bacs à glaçons ressemblaient à des pommes. Le rappeur Booba n'existait pas, le supra politiquement correct non plus, les selfie sticks et la mode des sushis non plus.

C'est un peu par nostalgie, je l'avoue, que j'ai succombé au charme de ce tissu papa pique et maman coud pour m'en faire une petite robe seventies.

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Il s'agit de la robe areli de république du chiffon.

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Soyez vigileantes en montant le passepoil autour du buste. Je suis allée trop vite et l'ai coupé (un devant, un dos) alors que non ! Fallait pas...

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 Montre ice watch. 

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Mettez de l'orange dans votre vie ! Comme dit le philosophe, l'orange, c'est la vie...

Et vous, vous laissez-vous aller parfois à la nostalgie ?