La canicule touche à sa fin. Heureusement pour Pépé Paulo car il a eu chaud. "Sale temps pour les gros", avait-il coutume de dire auparavant dès que le thermomètre dépassait les 30°, avant d'ajouter "hein Rosalie !", ce à quoi Mémé Rosalie répliquait "Je ne suis pas grosse, je suis ronde".
Vous l'avez compris, Pépé Paulo n'a jamais été politiquement correct. Et quand Mémé Rosalie nous a quitté, ça ne s'est pas arrangé car Paulo sans sa Rosalie avec ses kilos en trop c'est comme un Breton sans beurre, il se meurt. Il est donc devenu encore moins politiquement correct comme si choquer l'Académie, les bien-pensants ou Mme Chauvet la boulangère donnait encore un sens à sa vie et justifiait le fait que lui soit encore là alors que celle qui l'avait accompagné tout au long de sa vie lui avait fait un joli pied de nez en lui disant "la grosse est fatiguée, elle t'attend là-haut".
Il mettait donc un point d'honneur à payer sa baguette en petites pièces rouges qu'il sortait une à une de son porte-monnaie, tout ça aux heures de pointe bien évidemment (précisons que pour ce faire, il se livrait à un trafic de pièces rouges avec tout son entourage). Il prenait plaisir à jurer devant M. le curé et pourtant allait à la messe tous les dimanches et il offrait systématiquement des caramels au petit-fils de Marcelle, sa partenaire de belote, alors que celui-ci en était à son 3ème recollage d'appareil dentaire.

Il fallait trouver quelqu'un de bien armé psychologiquement pour s'occuper de Pépé Paulo, du moins de son intérieur car entre son potager qui occupait ses matinées, ses parties de belote tous les après-midi avec Jules, René et Marcelle et l'apéro de 18H chez les voisins Monique et Raymond, Pépé Paulo avait peu de temps à consacrer aux tâches ménagères. Notre choix se porta sur Mme Bridoux, une femme au tempérament bien trempé qui saurait remettre Pépé à sa place si nécessaire. Depuis le départ de Rosalie, moins Pépé passait de temps chez lui, mieux il se portait mais il tenait quand même absolument à abreuver Mme Bridoux de conseils en tous genres, lui qui n'avait jamais fait une lessive de sa vie. Surtout, il lui semblait absolument primordial de signifier à Mme Bridoux que Rosalie faisait tout mieux qu'elle... avant. Le Bourguignon n'était pas assez tendre, il avait trouvé des moutons sous le lit (m'étonnerait qu'avec ses prothèses de hanche, il ait jeté un jour le moindre coup d'oeil sous le lit), il restait une tâche de gras sur son polo... C'était sa façon à lui d'entretenir la mémoire de Rosalie. Heureusement, Mme Bridoux n'en avait cure ce qui bien sûr agaçait Pépé qui ne manquait pas de nous dire que nous le laissions seul aux prises avec un cerbère et que nous étions tous sans coeur.

Je disais donc que Pépé Paulo avait eu chaud ces derniers jours. Lever aux aurores pour arroser le potager puis nous l'avons consigné toute la journée à la maison, volets fermés, avec Mme Bridoux. Ventilateur, brumisateur, glaces à l'eau et réussites sur internet, il paraît que Mme Bridoux ne lui a rien épargné. 

Aujourd'hui, les températures sont plus clémentes. Pépé Paulo et son polo tout neuf se préparent pour la belote.

Ce n'est pas le polo de Pépé que je vous présente aujourd'hui mais celui de Monsieur tiré d'un patron de Céline Girardeau vu sur le blog de Par Issy qui propose très souvent de très chouettes versions de créations pour hommes.

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J'ai réalisé ce polo dans un tissu de ma petite mercerie, un jersey très doux et vraiment de très bonne facture. Et non je n'ai toujours pas de surfileuse...

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Ce polo a tellement été porté cet été que je ne peux plus voir ces oiseaux en peinture. En cage les oiseaux jusqu'à l'année prochaine ! 

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Je lui trouve un petit côté vintage avec son col plus large que sur un polo classique.

Belle rentrée à tous !